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FERTILISATION AZOTÉE : DU BESOIN DE LA CULTURE AU CALCUL DE LA DOSE AVEC LA MÉTHODE DU BILAN COMIFER

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TERREOM
il y a 20 minutes
37 min de lecture

Fertilisation azotée - Du besoin de la culture au calcul de la dose avec la méthode du bilan du COMIFER




A. Maïs irrigué en Nouvelle-Aquitaine, écriture avec CAU







Préambule :

La méthode du bilan est aujourd'hui au cœur d'un débat. C'est la référence technique et réglementaire du calcul de la dose d'azote en France. Les défenseurs de l'agriculture de conservation des sols vivants lui reprochent de ne pas tenir compte du caractère vivant du sol : elle raisonne la dose à partir de valeurs de référence moyennes, sans mesurer l'activité biologique réelle de chaque parcelle.

Ses partisans répondent qu'elle intègre déjà la minéralisation de l'humus, des résidus de culture et des couverts végétaux (trois postes directement liés au fonctionnement biologique du sol) et qu'elle offre un cadre commun, vérifiable et reproductible.

Dans cet article, nous présentons la méthode de calcul en vigueur sans prendre parti dans le débat.


Un blé en Picardie, un maïs irrigué dans les Landes : les deux exemples détaillés de cet article aboutissent à des préconisations d'apport de 165 et de 212 kg d'azote par hectare. Comment ces deux chiffres ont-ils été déterminés ? La dose de la méthode du bilan prévisionnel du COMIFER (Comité français d'étude et développement de la fertilisation raisonnée).

Le principe tient en une phrase : la dose d'engrais est égale au besoin de la culture, diminué de tout ce que le sol, les résidus du précédent, un couvert éventuel, des apports organiques et l'eau d'irrigation fournissent déjà.


La méthode a été publiée au niveau national. Chaque région la décline ensuite dans un référentiel qui fixe ses propres valeurs et, parfois, sa propre écriture de l'équation. C'est ce qui rend le sujet déroutant : un même poste peut se lire différemment d'une région à l'autre. Cet article sépare donc soigneusement les deux niveaux. Il explique d'abord ce qui vaut partout, puis, à chaque étape, ce qui change selon les régions.


Plusieurs questions se posent :


  • Pourquoi l'azote ne se raisonne-t-il pas comme le phosphore et le potassium ?

  • Que devient l'azote dans le sol, et pourquoi les stocks diffèrent-ils d'une année à l'autre ?

  • Comment fonctionne la méthode du bilan du COMIFER et que recouvre chacun de ses postes ?

  • Qu'est-ce qui change selon les régions et pourquoi ?

  • Comment calculer, pas à pas, la dose d'un maïs en Nouvelle-Aquitaine et celle d'un blé tendre en Picardie ?


Autant de questions auxquelles cet article apporte une réponse. 😃


Recommandations de lecture :


  • Vous découvrez la méthode. Lisez l'article dans l'ordre : les parties I et II posent les bases, la partie III déroule la méthode, la partie IV l'applique.


  • Vous connaissez la méthode et cherchez un calcul chiffré. Allez directement à la partie IV.


  • Vous cherchez les règles de votre région. Consultez le tableau de synthèse de la partie III. L, puis la partie V.


  • Vous cherchez un poste précis. L'aide-mémoire de la partie III. B. 4 vous renvoie au bon paragraphe.




I. FERTILISATION AZOTÉE : POURQUOI L'AZOTE SE RAISONNE AUTREMENT QUE LE PHOSPHORE ET LE POTASSIUM


A. Phosphore et potassium : une analyse, un seuil, une dose


Pour le phosphore et le potassium, la démarche est simple : l'analyse de sol donne une teneur. L'interprétation compare cette teneur à des valeurs de référence propres à la culture et au type de sol. Selon que la teneur se situe au-dessus ou en dessous de ces valeurs, la dose d'entretien ou de redressement en découle. Notre article "Fertilisation phospho-potassique : de l’analyse de terre au calcul de la dose avec la méthode du COMIFER" détaille cette logique. Pour le consulter, cliquez simplement ici.


Ce raisonnement fonctionne parce que le phosphore et le potassium forment dans le sol un stock relativement stable. Une analyse faite cette année décrit encore la parcelle l'an prochain, à quelques variations près.



B. L'azote : un flux plutôt qu'un stock


L'azote se comporte différemment. La quantité d'azote que le sol peut offrir à la culture n'est pas une teneur à mesurer une fois pour toutes : c'est le résultat de flux qui varient chaque année. Une analyse isolée ne permet donc pas de prévoir ce que la plante trouvera pendant son cycle.


Le COMIFER illustre cette variabilité par un constat issu d'essais en France : sans aucun apport d'engrais, les pertes de rendement vont de 0 à 90 % de la production maximale selon les situations. Même après un apport de 200 kg N/ha, la production oscille entre 80 et 100 % du maximum. La réponse à l'engrais est donc importante mais très variable, et cette variabilité tient en grande partie aux fournitures d'azote du sol*.


L'enjeu de la méthode du bilan est précisément d'estimer correctement ces fournitures, afin de calculer la dose nécessaire et suffisante pour atteindre la production visée. Le COMIFER appelle cette dose l'optimum technique. Elle est supérieure à l'optimum économique, qui dépend du rapport entre le prix de l'engrais et celui de la récolte.


* Source : COMIFER, guide "Calcul de la fertilisation azotée", 2013



II. FERTILISATION AZOTÉE : CE QUE DEVIENT L'AZOTE DANS LE SOL, ET POURQUOI LES STOCKS CHANGENT D'UNE ANNÉE À L'AUTRE


A. Une réserve immense, presque entièrement non disponible immédiatement


Les sols contiennent 2 à 10 T N/ha, presque entièrement sous forme organique, dans la couche travaillée de 0 à 25 ou 30 cm.


L'azote minéral se présente sous trois formes : ammonium, nitrite et nitrate. Le nitrate issu de la nitrification de l'ammonium domine dans les sols cultivés, et les plantes absorbent l'essentiel de l'azote sous cette forme. En dehors des périodes qui suivent un apport, l'azote minérale présent dans le sol ne représente que quelques dizaines de kilogrammes par hectare. La réserve est immense, mais ce qui est utilisable immédiatement est minuscule en comparaison.


L'infographie suivante présente le cycle de l'azote dans le sol.


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Schéma du cycle de l'azote dans le sol : minéralisation, organisation, absorption, lessivage, volatilisation et dénitrification.


B. Les flux qui alimentent le stock d'azote minéral


Le stock d'azote minéral du sol est alimenté par quatre voies :


a. La minéralisation de l'humus, de la biomasse microbienne, des résidus et des produits organiques produit de l'ammonium, puis du nitrate par nitrification.


b. La fixation d'azote atmosphérique. La fixation libre représente de 10 à 30 kg N/ha/an. La fixation symbiotique des légumineuses atteint de quelques dizaines à plusieurs centaines de kg N/ha/an.


c. Les apports d'engrais minéraux et de fertilisants organiques.


d. Les dépôts atmosphériques, essentiellement par les pluies : de 5 à 15 kg N/ha/an.



C. Les flux qui diminuent le stock d'azote minéral


Quatre autres flux le font diminuer :


a. L'exportation par les récoltes et l'absorption par les racines.


b. L'organisation de l'azote minéral par la biomasse microbienne. C'est le mécanisme au cours duquel les micro-organismes consomment de l'azote minéral pour composer une matière riche en carbone. Elle s'oppose à la minéralisation.


c. Les pertes gazeuses. La dénitrification transforme le nitrate en azote gazeux. Elle est faible dans les sols bien drainés, de 0 à 20 kg N/ha/an, mais beaucoup plus forte quand l'excès d'eau crée un manque d'oxygène. La volatilisation libère de l'ammoniac à partir de l'ammonium des engrais ou des effluents. Elle peut dépasser 20 % de l'azote d'un engrais minéral selon la forme et les conditions d'apport, et jusqu'à 70 % de la fraction ammoniacale des lisiers.


d. La lixiviation du nitrate. Contrairement à l'ammonium, retenu par les charges négatives du sol, le nitrate est facilement entraîné par l'eau de drainage : pour une lame drainante de 200 mm, une concentration de 50 mg de nitrate par litre dans l'eau drainée correspond à une perte de 22 kg N/ha.



D. Pourquoi les stocks diffèrent d'une année à l'autre


La plupart de ces processus sont pilotés par la biomasse microbienne, dont l'activité dépend, entre autres, de l'oxygène, de la température et de l'humidité du sol. Le COMIFER en tire une conséquence directe : même pour une situation agricole constante (même sol, même précédent, mêmes dates), les termes du bilan varient d'une année sur l'autre.


Pour en tenir compte, les outils dynamiques raisonnent en jours normalisés (JN) plutôt qu'en jours calendaires : un jour normalisé combine un effet de la température* et un effet de l'humidité du sol. Plus il fait chaud et humide, plus le nombre de jours normalisés est élevé, et plus l'humus libère d'azote.

*f(T) = e^{0,115 x (T - 15)}


Le COMIFER donne un exemple parlant. Pour un blé tendre d'hiver dont le bilan s'ouvre le 15 février et se termine le 1er juillet, sur un même limon, le climat de la Picardie (station d'Abbeville) donne 44 jours normalisés, celui des Pays de la Loire (La Jaillière) en donne 54. À sol identique, la minéralisation de l'humus passe de 32 à 40 kg N/ha, et de 51 à 63 kg N/ha pour un sol plus riche en matière organique. L'écart vient uniquement du climat.


Ce qu'il faut retenir de cette partie :


  • Le stock d'azote disponible n'est pas une donnée fixe.

  • Il dépend de l'année, du climat, du précédent, des couverts et des apports organiques.

  • C'est ce qui justifie un calcul spécifique à chaque culture et à chaque campagne.



III. FERTILISATION AZOTÉE : LA MÉTHODE DU BILAN COMIFER EN DÉTAIL


A. Un principe ancien, régulièrement actualisé


Le concept de bilan d'azote minéral prévisionnel a été développé par HÉBERT en 1969, puis par RÉMY et HÉBERT en 1974, et s'est imposé en France comme la méthode de référence. Le COMIFER en a publié une première édition en 1996, puis un guide actualisé en 2013 : il est applicable aux grandes cultures, aux légumes de plein champ et aux prairies, dans tous les systèmes de production, parce qu'il prend en compte toutes les sources d'azote.


Ce guide s'adresse aux agriculteurs, aux conseillers et aux groupes d'experts, départementaux ou régionaux, chargés de définir des règles locales de calcul, notamment dans les programmes d'action de la directive Nitrates en zone vulnérable. Le COMIFER précise que les prescripteurs peuvent décliner la méthode dans leur contexte régional. Il indique aussi que l'expérimentation doit toujours valider les paramètres retenus.


Précisions régionales :


  • Il n'existe pas une grille unique à l'échelle de la France, mais un cadre national décliné région par région.


  • En zone vulnérable, chaque région publie un référentiel, élaboré avec un groupe d'experts : ce référentiel fixe les équations, les valeurs de référence et les règles de justification.


  • Dans cet article, les exemples utilisent, à titre d'illustration, les référentiels de la Nouvelle-Aquitaine (arrêté préfectoral du 29 juillet 2025) et ceux des Hauts-de-France (arrêté du 22 juillet 2025).



B. Du bilan de masse à l'équation de terrain


1. Lexique des abréviations et des écritures


Les parties suivantes utilisent plusieurs abréviations ou autres écritures. Leur lecture peut paraître difficile au premier abord. Le tableau suivant donne la signification de chaque terme et les classe par thème.


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Lexique des abréviations et des écritures - Fertilisation azotée - Du besoin de la culture au calcul de la dose avec la méthode du bilan COMIFER


2. Le bilan de masse


Sur une période donnée, le bilan se présente sous la forme suivante :


État final - État initial = Entrées - Sorties.


Les états sont les quantités d'azote minéral du sol à la fermeture (Rf)* et à l'ouverture (Ri)* du bilan.


Les entrées sont la minéralisation (Mh, Mr, MrCi, Mhp), les produits organiques, les apports atmosphériques, l'irrigation et l'engrais minéral (X).


Les sorties sont l'azote absorbé par la culture (Pf à la fermeture, Pi à l'ouverture), l'organisation de l'engrais, les pertes gazeuses et la lixiviation (L).



3. Les simplifications usuelles


Plusieurs simplifications permettent d'obtenir une équation opérationnelle sur un cycle cultural :


  • Les pertes gazeuses du sol et la fixation libre, du même ordre de grandeur, se compensent.


  • La méthode s'applique presque toujours à des cultures non légumineuses.


  • Les apports atmosphériques, de l'ordre de 10 kg N/ha/an et de moins de 5 kg N/ha sur la période de bilan d'un blé, sont négligés.


  • Les pertes aux dépens de l'engrais sont soit non estimées (car la méthode s'accompagne de conditions d'emploi qui les minimisent), soit intégrées dans un coefficient apparent d'utilisation (CAU).


  • Le terme Mha, qui représentait l'arrière-effet des apports organiques réguliers, n'est pas utilisé : cet effet passe désormais par le facteur-système appliqué à Mh.



4. Les trois écritures


Ces simplifications donnent trois écritures principales.


Écriture

Équation

Où est-elle utilisée ?

{3'} (additive)

Pf = Pi + Ri + Mh + Mhp + Mr + MrCi + Nirr + X + Xa - L - Rf

La forme la plus utilisée

{4} (avec CAU)

Pf = Pi + Ri + Mh + Mhp + Mr + MrCi + Nirr + ( X + Xa ) x CAU - L - Rf

Diffusée notamment dans le Sud-Ouest

{4'} (équation d'efficience)

Pf = P0 + ( X + Xa ) x CAU

Utilisée dans certaines régions qui ont développé des référentiels de CAU et de P0, comme l'Alsace et la Lorraine

Source : COMIFER, 2013


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Balance illustrant l'équation du bilan azoté : besoins de la culture à gauche, fournitures du sol et dose d'engrais à droite

Le bilan fonctionne comme une pesée. L'apport d'azote minéral sert à compenser la différence entre besoins et fourniture. La dose calculée correspond précisément à cet écart.



En résolvant l'équation {3'} pour X, la dose d'engrais à apporter sous forme minérale est égale à :


Pf + Rf + L - Pi - Ri - Mh - Mhp - Mr - MrCi - Nirr - Xa



Pour l'équation {4}, la valeur de X est égale à :


{ Pf + Rf + L - Pi - Ri - Mh - Mhp - Mr - MrCi - Nirr } / CAU - Xa



Dans l'équation d'efficience {4'}, le terme P0 résume à lui seul les fournitures du sol (elles sont estimées par des réseaux de témoins non fertilisés). Attention, un référentiel de P0 ne s'extrapole pas à d'autres zones.


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Tableau comparant les trois écritures du bilan azoté du COMIFER, avec les régions qui les utilisent

Les trois écritures décrivent les mêmes flux d'azote avec un nombre variable de postes. Une région choisit son écriture, puis fixe toutes ses valeurs de référence en cohérence avec ce choix.


Précisions régionales :


  • Le COMIFER insiste sur un point essentiel : les termes du bilan s'évaluent ensemble, en cohérence avec l'écriture choisie. Mélanger les valeurs issues de deux écritures conduit à des erreurs.


  • Les Hauts-de-France utilisent l'écriture additive, avec le terme (Ri-L) et le poste Fass réservé au colza associé à des légumineuses.


  • La Nouvelle-Aquitaine utilise l'écriture additive en Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne, et l'écriture avec CAU dans les huit autres départements concernés.




5. Aide-mémoire : une question pour chaque poste


Le tableau suivant récapitule chaque indicateur intervenant dans les calculs, le point de la réflexion où il apparaît et comment obtenir sa valeur.


Poste

La question à se poser

Comment l'obtenir

Où le trouver dans l'article

Pf

Quelle quantité d'azote la culture doit-elle absorber ?

Objectif de rendement x besoin par quintal

Rf

Combien d'azote minéral reste-t-il dans le sol à la récolte ?

Table selon le sol, la culture et l'enracinement

Pi

Combien d'azote la culture a-t-elle déjà absorbé ?

Nombre de talles, pesée de biomasse

Ri

Combien d'azote minéral le sol contient-il à l'ouverture ?

Mesure, observatoire local, modèle

L

Une forte pluie a-t-elle entraîné de l'azote avant la reprise d'absorption ?

Abaques, cas rare

Mh

Combien l'humus va-t-il libérer pendant le cycle ?

Formule ou table, facteur système

Mr

Que libère ou consomme le précédent ?

Table selon le précédent

MrCi

Que restitue le couvert ?

Table selon l'espèce, la biomasse et la date

Mhp

Une prairie a-t-elle été retournée ?

Table selon l'âge et la saison

Xa

Quel est l'effet direct des apports organiques ?

%Npro x Q x KeqN *

Nirr

L'eau d'irrigation apporte-t-elle de l'azote ?

V x ( C / 443 )

CAU

Quelle part de l'engrais la culture utilise-t-elle ?

Coefficient établi par l'expérimentation

X

Quelle dose d'engrais minéral apporter ?

Équation du bilan

* % Npro = teneur en azote total du produit (% par unité de volume ou de masse).

Q = volume ou masse de produit épandue par hectare.

KeqN = coefficient d’équivalence engrais N minéral efficace.



C. L'ouverture et la fermeture du bilan


Pour qu'un bilan soit valable, tous ses termes doivent être calculés, mesurés ou évalués à la même date. La date de prélèvement du reliquat Ri est donc aussi la date d'ouverture du bilan.


Deux règles guident le choix de cette date :


  1. Pour les cultures d'hiver, il est recommandé d'ouvrir le bilan avant tout apport minéral ou organique sur la culture, de préférence après la phase de drainage la plus importante.


  1. Pour les cultures de printemps, il est conseillé d'ouvrir le bilan avant le semis, et avant les apports organiques ou minéraux.


La date d'ouverture se répercute sur tous les termes de minéralisation, pour ne pas compter deux fois la même fourniture : un azote déjà minéralisé avant l'ouverture se retrouve dans le reliquat, pas dans la minéralisation de l'humus.

La fermeture correspond à la fin de la période d'absorption de la culture, par exemple le 1er juillet pour un blé d'hiver.


Précisions régionales :


  • Hauts-de-France : reliquat mesuré en sortie d'hiver. Le bilan s'ouvre au premier apport (pour les cultures d'hiver) ou au semis (pour les cultures de printemps).


  • Nouvelle-Aquitaine (partie ex-Poitou-Charentes) : écriture additive -> bilan des céréales d'hiver le 1er février.


  • Nouvelle-Aquitaine (partie ex-Aquitaine et ex-Limousin) : écriture avec CAU -> reliquat pris au semis.


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Frises chronologiques de l'ouverture et de la fermeture du bilan azoté pour un blé tendre d'hiver et pour un maïs grain

Le bilan d'un blé commence en sortie d'hiver, quand la culture est déjà en place. Celui d'un maïs commence avant le semis. Les valeurs de référence des tableaux dépendent de cette date d'ouverture.



D. Les besoins de la culture : Pf


Le besoin Pf est la quantité d'azote que la culture doit absorber pour atteindre son objectif. Pour les cultures dont l'absorption est proportionnelle au rendement, ce besoin est égal à :


Pf = b x y

b : besoin par unité de production, en kg N/q

y : objectif de rendement


NB : Quand un critère de qualité intervient, comme la teneur en protéines d'un blé, un besoin qualité, noté bq, remplace b.


La betterave sucrière et la pomme de terre utilisent des besoins forfaitaires par hectare.


Le COMIFER insiste sur un point : l'objectif de rendement doit être réaliste par rapport au potentiel du milieu, car il pèse directement sur la dose.


Le tableau suivant présente le besoin unitaire de quelques cultures :


Culture

b (kg N par quintal)

Blé tendre d'hiver

3 par défaut, variable suivant la variété

Orge d'hiver

2,5

Maïs grain (objectif < 100 q/ha)

2,3

Maïs grain (objectif de 100 à 120 q/ha)

2,2

Maïs grain (objectif > 120 q/ha)

2,1

Colza d'hiver

7

Source : COMIFER, Arvalis, Terres Inovia


Précisions régionales :


  • La valeur de b est quasiment identique partout, car elle vient des mêmes instituts.


  • Calcul de l'objectif de rendement :


a. Hauts-de-France : une valeur par défaut par département. Pour le blé tendre : 85 q/ha dans l'Aisne et l'Oise, 91 dans la Somme, 93 dans le Nord et le Pas-de-Calais.


b. Nouvelle-Aquitaine : moyenne des 5 dernières campagnes de la parcelle, sans la plus haute ni la plus basse.


  • Besoin qualité du blé :


a. Hauts-de-France : bq = b + bc. Le supplément bc vise environ 11,5 % de protéines. Avec un bc de 0,2, il est conseillé de garder 60 unités d'azote pour la fin de cycle.


b. Nouvelle-Aquitaine : utiliser le b de la variété semée plutôt que la valeur par défaut.


  • Mélange céréale + légumineuse : dans les deux régions, seul le besoin de la céréale est retenu, au prorata de sa part dans le mélange.



E. L'azote déjà absorbé à l'ouverture du bilan : Pi


Pour une culture d'hiver, l'azote absorbé à l'automne et pendant l'hiver vient en déduction du besoin total. Selon le COMIFER, Pi peut atteindre 50 à 60 kg N/ha pour un blé tendre d'hiver et varie de 25 à plus de 150 kg N/ha pour un colza d'hiver.


Pour les céréales d'hiver, un tableau d'Arvalis, du COMIFER et de l'INRAE le relie au nombre de talles : 10 kg N/ha, 15 avec une talle, puis 5 de plus par talle supplémentaire (25 avec trois talles, 35 avec cinq), avec un plafond de 50 kg N/ha.


Pour le colza, Pi se détermine par une pesée de la biomasse verte. Là où le risque de gel des feuilles est élevé, le COMIFER recommande deux pesées, à l'entrée et à la sortie de l'hiver, et retient leur moyenne : environ la moitié de l'azote des feuilles gelées est minéralisée puis réabsorbée au printemps.


Précisions régionales :


  • Dans les deux régions : le tableau de Pi (nombre de talles) est le même.


  • Nouvelle-Aquitaine, écriture avec CAU : Ri et Pi sont réunis en un seul terme (Ri + Pi), quand le reliquat est estimé par un modèle.



F. Le reliquat à l'ouverture du bilan : Ri


1. De quoi s'agit-il ?


Le reliquat, noté Ri, est l'azote minéral que le sol contient au moment où s'ouvre le bilan. C'est le point de départ du calcul. Quand le bilan s'ouvre à la fin de l'hiver, il s'appelle "reliquat sortie d'hiver" (RSH).



2. D'où vient-il ?


Pendant l'été et l'automne, le sol libère de l'azote et la culture précédente n'en absorbe qu'une partie. Ce qui reste est toujours sous forme de nitrates, dissous dans l'eau du sol. Or le nitrate n'est pas retenu par le sol : l'eau de pluie l'entraîne facilement vers la profondeur. Le reliquat de fin d'hiver est donc l'azote qui a "résisté" à la pluie.



3. Pourquoi varie-t-il autant d'une parcelle à l'autre ?


Il existe plusieurs facteurs de variation :


  • Le précédent : selon la quantité d'azote qu'il a absorbée et laissée dans ses résidus.


  • Le sol : un sol sableux, très drainant, laisse filer les nitrates plus vite qu'un sol argileux dans la mesure où il a moins de capacité de rétention.


  • La pluie de l'hiver : plus il pleut, plus les nitrates descendent sous les racines.


  • Les apports organiques ou retournements de prairie : ils peuvent laisser beaucoup plus d'azote qu'à la normale.



4. Pourquoi est-ce important ?


Chaque kilo d'azote déjà présent dans le sol est un kilo d'engrais en moins à apporter. Un reliquat élevé peut donc réduire nettement la dose.



5. Comment le connaître ?


Le plus fiable est de le mesurer grâce à un prélèvement de terre en fin d'hiver, analysé en laboratoire, sur toute la profondeur que les racines vont explorer. Les nitrates sont comptés sur toute cette profondeur, l'ammonium seulement sur les 40 premiers centimètres, là où se concentre l'essentiel de l'activité des micro-organismes.


À défaut de mesure, deux solutions existent :


a. Des organismes tiennent des observatoires de reliquat par situation locale.


b. Des modèles estiment aussi le reliquat à partir de la pluie et de l'azote disponible. Dans les situations inhabituelles, comme un retournement de prairie, la mesure reste préférable.


NB : si l'analyse révèle beaucoup d'ammonium, cette valeur n'est prise en compte que dans des cas précis : apport organique, récent, retournement de prairie ou de couvert, sol privé d'oxygène.


Précisions régionales :


  • Hauts-de-France : mesure ou références locales, toujours justifiées. Une estimation par modèle n'est acceptée qu'avec un outil labellisé Prev'N.


  • Nouvelle-Aquitaine : mesure, références locales ou estimation de la valeur A d'Arvalis (azote minéralisé par le sol l'année précédente). Valeurs indicatives pour le Sud-Ouest : 160 kg N/ha après une année chaude et humide, 120 après une année normale, 70 après une année froide et sèche.


  • Dans les deux régions : toute personne qui exploite plus de 3 ha en zone vulnérable réalise chaque année une analyse de sol sur au moins un îlot, pour une des 3 principales cultures.



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Arbre de décision des trois voies pour renseigner le reliquat azoté à l'ouverture du bilan : mesure, références locales, estimation par modèle.

Le reliquat peut être mesuré, tiré d'un observatoire locale ou estimé par un modèle. La mesure est bien sûr la méthode qui donne la valeur la plus proche de de la parcelle.



G. Les pertes par lixiviation : L


Dans les grandes cultures, la quasi-totalité des pertes de nitrate survient avant l'ouverture du bilan, pendant l'interculture. Le COMIFER en conclut que le terme L peut généralement être négligé. En revanche, il reste utile si le reliquat est mesuré trop tôt et qu'une forte pluie survient avant la reprise de l'absorption : des abaques, issus de simulations de drainage, ajustent alors le Ri selon le type de sol, l'horizon et la lame drainante.


Précisions régionales :


  • Hauts-de-France : L n'est pris en compte que si le reliquat est mesuré sur au moins 3 horizons (0-30, 30-60 et 60-90 cm). Il est nul dans les autres cas, et aussi quand l'outil utilisé l'estime déjà.


  • Nouvelle-Aquitaine : Pas de terme L dans les équations des céréales et du maïs. Dans les huit départements en écriture CAU, l'estimation de Ri, quand le reliquat n'est pas mesuré, intègre déjà la lixiviation hivernale.




H. La minéralisation de l'humus : Mh


1. De quoi s'agit-il ?


L'humus contient de l'azote. Cet azote n'est pas utilisable tel quel : des micro-organismes (bactéries et champignons) le transforment lentement en azote minéral, que les racines peuvent absorber. C'est la minéralisation. Mh correspond à la quantité d'azote ainsi libérée par l'humus pendant le cycle de la culture. Autrement dit, c'est une fourniture du sol qui vient en déduction de la dose d'engrais à apporter.



2. De quoi dépend-elle ?


Elle dépend de plusieurs facteurs :


  • Du stock d'humus : plus le sol est riche en matière organique, plus il libère d'azote.


  • De la nature du sol : plus un sol est riche en argile et en calcaire, plus l'humus se décompose lentement.


  • Du climat : les micro-organismes sont d'autant plus actifs qu'il fait chaud et humide. Dans de telles conditions, la libération d'azote est plus importante.


  • Du système de culture : des restitutions organiques régulières (résidus enfouis, fumiers, composts) entretiennent l'humus actif et augmentent la minéralisation. À l'inverse, exporter les résidus sans rien apporter la diminue. Le COMIFER traduit cet effet par un coefficient système (noté Fsyst) qui peut faire varier la valeur de +/- 20 %.



3. Comment l'estimer ?


Le COMIFER propose un calcul à partir d'une analyse de terre (azote total, argile, calcaire) et du climat de la zone. En pratique, les référentiels régionaux donnent des valeurs prêtes à l'emploi, par type de sol et par culture.


Précisions régionales :


  • Principe : chaque région propose des tables de valeurs par type de sol et par groupe de cultures. Elles évitent de refaire le calcul détaillé.


  • Hauts-de-France : pour un limon, 30 kg N/ha (culture d'automne) (pour la Picardie, la valeur est de 32 kg N/ha), 45 (maïs non irrigué), 60 (maïs irrigué). En écriture additive, la valeur dépend aussi de la fréquence des apports organiques (de 35 à 50 pour un blé).


  • Pourquoi ces écarts ? : chaque table tient compte du climat moyen de la zone : un même sol n'a pas la même valeur partout.



Pour en savoir plus sur l'évolution du stock d'humus, vous pouvez consulter notre article dédié "Bilan humique : principe de calcul, intérêts et outils" en cliquant ici.



I. Les résidus de la culture précédente (Mr), les couverts (MrCi) et les prairies (Mhp)


1. Les résidus de culture Mr


Le terme Mr traduit la minéralisation des racines, des tiges et des feuilles du précédent. Sa valeur est positive quand ces résidus libèrent plus d'azote qu'il n'en faut pour les décomposer. En revanche, elle peut être négative : pour les résidus présentant un rapport C/N élevé, la biologie du sol a besoin de consommer de l'azote minéral du sol pour les dégrader.


Le tableau suivant présente les valeurs standards définies par le COMIFER pour un bilan ouvert en janvier ou février.


Précédent cultural

Mr (kg N/ha)

Betterave, colza, pois protéagineux, pomme de terre, soja

20

Féverole

30

Céréales (pailles récoltées)

0

Céréales (pailles enfouies)

-20

Maïs grain, tournesol

-10

Source : COMIFER


NB : Si le bilan s'ouvre plus tard, une partie de l'azote est déjà comptée dans le reliquat, et les valeurs diminuent : pour un maïs dont le bilan s'ouvre en avril, un précédent "maïs grain" vaut 0 au lieu de -10, et un précédent "betterave" 10 au lieu de 20. Pour la luzerne et le ray-grass dérobé, les valeurs diffèrent selon les régions (voir l'encadré "Précisions régionales" ci-après).



2. Les couverts d'interculture MrCi


Un couvert piège de l'azote à l'automne, puis il le restitue après sa destruction. Quatre critères influencent la valeur de MrCi : l'espèce, la biomasse produite (T MS/ha), la date de destruction et la date d'ouverture du bilan. Une destruction précoce laisse du temps à la décomposition : dans ce cas, une partie de l'azote est déjà comptabilisée dans le reliquat, ce qui diminue la valeur du terme MrCi. Quand la destruction est tardive, c'est le contraire : sa valeur augmente ! 😃


Le tableau suivant montre comment évolue la valeur dans plusieurs situations, pour un couvert végétal de 3 T MS/ha ou plus.


Type de couvert

Bilan ouvert en janvier-février

Culture implantée après le 01 avril

Destruction en nov.-déc.

Destruction après le 1er février

Destruction en nov.-déc.

Destruction après le 1er février

Crucifères

15

20

10

15

Graminées (seigle, avoine)

10

15

5

10

Légumineuses

30

40

20

30

Mélange crucifères-légumineuses

23

30

15

23

Source : COMIFER


3. Le retournement de prairie Mhp


La destruction (retournement) d'une prairie libère de l'azote pendant plus d'un an et demi :


  • Après une destruction de printemps, la première culture mise en place reçoit de 20 kg N/ha (dans le cas d'une prairie de moins de 18 mois) à 140 kg N/ha (dans le cas d'une prairie de plus de 10 ans).


  • Après une destruction d'automne, elle reçoit de 10 à 70 kg N/ha selon l'ancienneté de la prairie.


  • La seconde culture reçoit de 0 à 40 kg N/ha après destruction initiale de printemps, et rien après une destruction d'automne.


Si la prairie est d'abord fauchée pour être récoltée, un coefficient doit être appliqué sur ces mêmes chiffres : 0,7 dans le cas d'une fauche et pâture, 0,4 pour une fauche intégrale d'un ray-grass anglais pur.


Précisions régionales :


  • Les valeurs (Mr, MrCi et Mhp) communiquées par le COMIFER sont identiques pour les deux régions (Hauts-de-France et Nouvelle-Aquitaine) pour lesquelles nous prenons un exemple dans le chapitre IV.


  • Les valeurs de Mr sont identiques pour presque tous les précédents, sauf dans deux cas :


    • Luzerne retournée au printemps : Hauts-de-France 20, Nouvelle-Aquitaine 60.


    • Ray-grass dérobé (bilan ouvert en sortie d'hiver) : Hauts-de-France -10, Nouvelle-Aquitaine -30.



J. Les apports organiques (Xa) et l'irrigation (Nirr)


1. Les apports organiques Xa


Fumiers, lisiers, composts ou digestats contiennent de l'azote, mais seulement une partie profite à la plante la première année. En effet, la partie sous forme organique de l'azote se libère lentement. De plus, une partie est perdue par volatilisation.


Pour comparer l'effet de ces effluents organiques à celui d'un engrais minéral, le COMIFER utilise un coefficient d'équivalence noté KeqN : il indique quelle part d'azote du produit agit comme un engrais la première année. Autrement dit, Xa est l'azote efficace du produit, il vient en déduction de l'engrais minéral. Par exemple, 20 tonnes de fumiers de porc apportées au printemps sur un maïs représentent environ 134 kg d'azote, dont seulement 60 kg N/ha agissent comme un engrais.


NB : Un apport réalisé avant l'ouverture du bilan se retrouve déjà en partie dans le reliquat ou dans l'azote absorbé. Dans ce cas, il ne faut compter que la part qui reste à venir.



2. L'azote de l'eau d'irrigation (Nirr)


Beaucoup d'eaux d'irrigation, surtout souterraines, contiennent des nitrates. La culture les absorbe comme ceux venant du sol : c'est un apport d'azote gratuit, à déduire de la dose. Il est d'autant plus important que le volume d'eau apporté et la teneur en nitrate sont élevés. Par exemple, 180 mm d'une eau à 40 mg/L de nitrate apportent environ 16 kg N/ha.


Précisions régionales :


  • Apports organiques : les tables de coefficient KeqN sont propres à chaque région.



K. L'azote restant à la fermeture (Rf) et l'efficacité de l'engrais (CAU)


1. L'azote restant à la récolte (Rf)


Une culture ne peut jamais épuiser tout l'azote minéral du sol : une partie reste hors de portée des racines. Cet azote ne sert pas à la culture, il faut donc l'ajouter à son besoin :


  • Si la dose d'engrais reste inférieure à ce dont la culture a besoin, le reliquat de fin de cycle dépend surtout du type de sol, de la culture et de la profondeur d'enracinement.


  • Si elle est trop forte, le surplus reste dans le sol à la récolte et peut être lessivé pendant l'hiver si un couvert n'est pas mis en place.



2. L'efficacité de l'engrais (CAU)


Une culture n'utilise jamais tout l'azote d'un engrais : une partie est consommée par les micro-organismes du sol, une autre est perdue par volatilisation. Le coefficient apparent d'utilisation (CAU) mesure la part de l'engrais réellement utilisée par la plante. Il est établi par des essais qui comparent des parcelles fertilisées avec d'autres non fertilisées. Plus le CAU est faible, plus la dose à apporter est élevée pour un même besoin.


Précisions régionales :


  • Azote restant à la récolte Rf :


  • Hauts-de-France : Rf dépend de la texture du sol et de la profondeur d'enracinement.


  • Nouvelle-Aquitaine : il dépend du type de sol (écriture avec CAU) ou de la réserve utile (écriture additive).


  • Efficacité de l'engrais :


  • Hauts-de-France : non utilisé. Le calcul suppose une efficacité maximale de l'engrais, sans correction pour la volatilisation, et la majoration des doses n'est plus autorisée. Une grille d'évaluation du risque aide à choisir les meilleures conditions d'apport.


  • Nouvelle-Aquitaine : dans les huit départements avec écriture CAU : pour le maïs et le sorgho, 0,6 avant 4 feuilles, 0,8 au-delà. Pour les céréales d'hiver : 0,9 pour de bonnes conditions climatiques, 0,6 en cas d'excès d'eau fréquents. En écriture CAU simplifiée (sols argilo-calcaires des départements 16,17, 79 et 86) : 0,8 pour les céréales, le maïs et le sorgho.




L. Synthèse : ce qui change selon les régions


1. Écriture du bilan


  • Méthode nationale : 3 écritures - {3'} (additive) la plus répandue, {4} (avec CAU) dans le Sud-Ouest, {4'} (équation d'efficience) en Alsace-Lorraine.


  • Hauts-de-France : écriture additive, avec (Ri-L) et Fass.


  • Nouvelle-Aquitaine : écriture additive (départements 16,17, 79, 86) ou avec CAU (19, 23, 24, 33, 40, 47, 64, 87).



2. Objectif de rendement


  • Méthode nationale : réaliste par rapport au potentiel du milieu.


  • Hauts-de-France : valeur par défaut par département (blé tendre : 85 q/ha dans l'Aisne et l'Oise, 91 dans la Somme).


  • Nouvelle-Aquitaine : moyenne des 5 dernières campagnes, sans les extrêmes.



3. Besoin par quintal


  • Méthode nationale : b ou bq si un critère qualité s'applique.


  • Hauts-de-France : bq = b + bc, par variété.


  • Nouvelle-Aquitaine : b par variété recommandé quand il existe, valeur de référence dans les autres cas (ex : blé tendre, 3 par défaut).



4. Reliquat Ri


  • Méthode nationale : mesure, observatoire local ou modèle.


  • Hauts-de-France : mesure, références ou outil labellisé Prev'N.


  • Nouvelle-Aquitaine : mesure, références ou estimation avec la valeur A.



5. Humus Mh


  • Méthode nationale : calcul à partir d'une analyse de sol et du climat.


  • Hauts-de-France : table par sol x coefficient système (limon : 30, 50 ou 75 selon la culture).


  • Nouvelle-Aquitaine : table par sol (limon : 35 pour les céréales, 45 pour le maïs non irrigué, 60 pour le maïs irrigué) ou selon la fréquence des apports organiques.



6. Azote restant Rf


  • Méthode nationale : selon la texture, la culture et l'enracinement.


  • Hauts-de-France : selon la texture et l'enracinement (ex : limon 20).


  • Nouvelle-Aquitaine : selon le type de sol (ex : limon 30) ou la réserve utile.



7. Efficacité de l'engrais (CAU)


  • Méthode nationale : coefficient établi par l'expérimentation.


  • Hauts-de-France : non utilisé.


  • Nouvelle-Aquitaine : 0,9 pour les céréales en conditions optimales de culture ; 0,6 ou 0,8 en maïs suivant le stade ; CAU simplifiée : 0,8.



8. Azote de l'eau d'irrigation (Nirr)


  • Méthode nationale : volume d'eau x teneur en nitrate.


  • Hauts-de-France : 40 mg/L par défaut.


  • Nouvelle-Aquitaine : 25 ou 40 mg/L par défaut ; seuils de 100 mm en maïs et 120 mm en céréales.



9. Pertes par lixiviation (L)


  • Méthode nationale : négligées, sauf reliquat mesuré trop tôt.


  • Hauts-de-France : prises en compte après une mesure sur 3 horizons.


  • Nouvelle-Aquitaine : Pas de terme L dans les équations des céréales et du maïs. Dans les huit départements en écriture CAU, la lixiviation est intégrée à l'estimation de Ri quand le reliquat n'est pas mesuré (azote lixiviable et pluviométrie depuis le 01 octobre).


NB : pour toute autre région, la démarche de la partie V s'applique.



IV. FERTILISATION AZOTÉE : DEUX EXEMPLES DÉTAILLÉS


Maintenant que la méthode nationale est déroulée dans son ensemble, prenons deux exemples chiffrés pour la mettre en œuvre :


  • Un maïs irrigué dans les Landes (Nouvelle-Aquitaine), avec l'écriture CAU,


  • Un blé tendre dans l'Aisne, en Picardie, avec l'écriture additive des Hauts-de-France.


Dans les deux cas, les rendements, les reliquats et le fractionnement sont des hypothèses fictives. Les valeurs de référence viennent des annexes de chaque référentiel. L'ensemble est présenté dans le tableau suivant.


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Tableau récapitulatif des hypothèses retenues pour les exemples de calcul d'un maïs irrigué en Nouvelle-Aquitaine et d'un blé tendre en Picardie.


Passons maintenant à la mise en application ! 😃



A. Un maïs irrigué en Nouvelle-Aquitaine, écriture avec CAU


Le référentiel de la Nouvelle-Aquitaine* donne la formule suivante pour le maïs :


X** = { ( Pf + Rf ) - (Ri + Mh + Mhp + Mr + MrCi + Nirr + azote utile apporté avant 4 feuilles ) } / CAU "après 4 feuilles" - Xa


* arrêté du 29 juillet 2025.

 ** X : dose d'engrais minéral à apporter.


Le calcul se fait en deux temps, parce que le CAU change au stade 4 feuilles.



1. Calcul de l'objectif des rendements et des fournitures


a. Étape 1 : Calcul de l'objectif de rendement

Les cinq rendements sont 112, 120, 124, 128 et 136 q/ha. En écartant la valeur la plus basse et la valeur la plus haute, la moyenne olympique ressort à 124 q/ha.



b. Étape 2 : Calcul du besoin total

Pour un objectif de rendement au-delà de 120 q/ha, le besoin unitaire b est de 2,1 kg N/q. En conséquence, le besoin de la plante est :


Pf = 2,1 x 124 = 260,4 kg N/ha


À ce chiffre, il est nécessaire d'ajouter, en plus, le reliquat azoté à la fermeture du bilan Rf. Pour un sol limoneux, Rf = 30 kg N/ha.


En conséquence, le besoin total est égal à 290,4 kg N/ha.



c. Étape 3 : Calcul des fournitures

Le bilan s'ouvre avant le semis, en avril. Le sol est limoneux, un couvert précède le maïs, et le reliquat est estimé. En conséquence, les fournitures se décomposent de la façon suivante :


  • Reliquat à l'ouverture du bilan Ri : 30 kg N/ha (pour un sol limoneux après un couvert végétal).


  • Minéralisation de l'humus Mh : 60 kg N/ha (pour un sol limoneux et un maïs irrigué).


  • Fournitures de la culture précédente Mr : 0 kg N/ha (précédent blé, pailles exportées).


  • Fournitures du couvert végétal MrCi : 23 kg N/ha (mélange crucifères-légumineuses de 3 T MS/ha ou plus, détruit après le 1er février, culture implantée après le 1er avril).


  • Azote apporté par l'eau d'irrigation Nirr : 16 kg N/ha (180 mm d'eau souterraine à 40 mg/L).


  • Fournitures engendrées par le retournement de la prairie et l'apport d'effluents organiques : 0 kg N/ha.



Total des fournitures = 30 + 60 + 0 + 23 + 16 + 0 + 0 = 129 kg N/ha



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Besoins et des fournitures d'azote d'un maïs irrigué en sol limoneux - Reliquat, humus, couvert et irrigation

Dans cet exemple, les fournitures du sol, celles du couvert végétal et de l'irrigation couvrent 44% des besoins. Le reste doit être apporté avec des engrais minéraux et/ou organiques.



2. Calcul des apports d'engrais avant et après 4 feuilles


a. Étape 4 : Apport avant 4 feuilles

Le référentiel plafonne l'apport avant "4 feuilles" à 50 kg d'azote efficace par hectare, pour un semis avant le 01 mai.


Pour le présent exemple, 40 kg N/ha sont apportés. L'apport efficace est en réalité de 40 x 0,6 = 24 kg N utiles/ha (le CAU avant 4 feuilles est de 0,6).



b. Étape 5 : Apport après 4 feuilles

Le CAU après 4 feuilles est de 0,8. En conséquence, le dernier apport d'azote minéral nécessaire pour couvrir les besoins de la plante est de :


X = { 290,4 - ( 129 +24 ) } / 0,8 = 172 kg N/ha



En conséquence, l'apport total d'engrais minéral (avant et après 4 feuilles) est de 40 + 172 =212 kg N/ha



Sans apport "avant 4 feuilles", la dose après le stade "4 feuilles" serait de : ( 290,4 - 129 ) / 0,8 = 202 kg N/ha. Le moindre apport dans ce cas tient au fait qu'après le stade "4 feuilles", l'engrais est mieux valorisé.

Pour suivre le développement de la culture, il est quand même plus judicieux de fractionner les apports.


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Besoins et des fournitures d'azote d'un maïs irrigué en sol limoneux - Reliquat, humus, couvert et irrigation

Le calcul se fait en deux temps dans le mesure où le CAU passe de 0,6 à 0,8 au stade "4 feuilles". L'apport réalisé au semis réduit d'autant le reste à couvrir, mais il compte pour seulement 60%.



B. Un blé tendre d'hiver en Picardie, écriture additive des Hauts-de-France


Le référentiel des Hauts-de-France* retient la formule de calcul suivante :


X = Pf + Rf - Pi - Fass - (Ri - L) - Mh - Mr - MrCi - Mhp - Xa - Nirr


* arrêté du 22 juillet 2025.

Le poste Fass est utilisé seulement pour le colza.


1. Calcul de l'objectif de rendement


Les cinq rendements sont 80, 84, 85, 87 et 92 q/ha. En écartant la valeur la plus basse et la valeur la plus haute, la moyenne olympique est de 85,3 q/ha, arrondi à 85 q/ha.



2. Calcul du besoin total


La variété n'est pas référencée dans les tables d'Arvalis : le besoin par défaut est de 3 kg N/q. En conséquence, le besoin de la plante est égal à :


Pf = 3 x 85 = 255 kg N/ha


À ce chiffre, il est nécessaire d'ajouter, en plus, le reliquat azoté à la fermeture du bilan Rf. Pour un sol non calcaire limoneux et un enracinementde 0 à 90 cm, Rf = 20 kg N/ha.


En conséquence, le besoin total est égale à 275 kg N/ha.



3. Calcul des fournitures totales


Les fournitures se décomposent de la façon suivante :


  • Reliquat à l'ouverture du bilan Ri : 35 kg N/ha (reliquat sortie d'hiver mesuré à 90 cm, avec trois horizons). Le prélèvement est fait au plus près de l'ouverture du bilan : la lixiviation L est nulle.


  • Azote déjà absorbé par la plante à l'ouverture du bilan Pi : 25 kg N/ha (le maître-brin et 3 talles).


  • Minéralisation de l'humus Mh : 30 kg N/ha (pour un sol non calcaire limoneux, culture d'automne, résidus enfouis tous les ans, aucun apport organique : Fsyst = 1).


  • Fournitures de la culture précédente Mr : 20 kg N/ha (précédent betterave sucrière, reliquat mesuré en janvier-février).


  • Fournitures du couvert végétal MrCi, du retournement de prairie, de l'apport organique, de l'eau d'irrigation et de la culture associée : 0 kg N/ha.


Total des fournitures = 35 + 25 + 30 + 20 = 110 kg N/ha



4. Calcul des besoins azotés de la plante


La quantité d'azote minéral à apporter est de :


X = ( 255 + 20 ) - 35 - 25 - 30 - 20 - 0 - 0 - 0 - 0 = 275 - 110 = 165 kg N/ha


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Calcul de la dose d'azote d'un blé tendre en Picardie - Besoin, fournitures, dose finale de 165 kg N/ha.

Les fournitures successives réduisent le besoin de 275 kg N/ha à 165. Le précédent betteraves apporte 20 kg N/ha, tandis que le reliquat et l'azote déjà absorbé en représentent 60.



C. Lecture croisée des deux exemples


Les deux résultats ne sont pas directement comparables : les régions, les cultures, les sols et les écritures diffèrent. Le tableau suivant mesure l'effet d'une variation de chaque paramètre sur la dose.


Variation

Effet sur la dose de maïs après "4 feuilles" (CAU)

Effet sur la dose de blé (additive)

Objectif de rendement : + 10 q/ha

+26 kg N/ha

+30 kg N/ha

Reliquat Ri : + 20 kg N/ha

-25 kg N/ha

-20 kg N/ha

Couvert détruit en novembre ou décembre (MrCi de 15 au lieu de 23)

+10 kg N/ha

Sans objet

Irrigation inférieure à 100 mm (Nirr = 0)

+20 kg N/ha

Sans objet

Variété avec bc de 0,2 (bq devient 3,2)

Sans objet

+17 kg N/ha


Ce qu'il faut retenir de ces exemples :


  • L'objectif de rendement est le levier le plus puissant : 10 q/ha de plus ajoutent 26 à 30 kg N/ha à la dose.


  • Le reliquat arrive juste derrière : 20 kg N/ha de plus en retirent 20 à 25.


  • Ces deux paramètres reposent le plus sur les données de parcelles : les référentiels encadrent le premier par une règle et recommandent la mesure pour le second.



V. FERTILISATION AZOTÉE : RETROUVER LES RÈGLES DE VOTRE RÉGION


Les deux exemples portent sur la Nouvelle-Aquitaine et la Picardie. Le principe se transpose à toutes les régions, à l'exception des valeurs. Cette partie présente la méthode pour retrouver les règles applicables dans la région de votre choix.


A. Où trouver le référentiel régional


En zone vulnérable, chaque région publie un arrêté préfectoral qui fixe la méthodologie et le référentiel de calcul de la dose prévisionnelle par culture. Il est élaboré avec le groupe régional d'expertise nitrates (GREN) et publié sur le site de la DREAL ou de la DRAAL, sous un intitulé proche de "référentiel régional de mise en œuvre de l'équilibre de la fertilisation azotée".


Pour cet article, les documents pris comme référence sont :





Les autres régions publient leur référentiel dans le même format. À titre d'exemples, voici ceux de l'Occitanie, l'Île-de-France et les Pays de la Loire. Pensez à vous assurer que l'arrêté trouvé est bien le plus récent. En effet, ils sont révisés régulièrement.



B. Cinq réflexes pour lire un référentiel


1. Repérer l'écriture qui s'applique : additive, avec CAU ou d'efficience. Elle conditionne la lecture de tous les autres postes.


2. Relever l'objectif de rendement et le besoin unitaire par quintal de la culture, avec la règle de calcul de l'objectif.


3. Identifier le type de sol dans la typologie régionale : Rf et Mh en dépendent.


4. Vérifier la date d'ouverture du bilan et la colonne des tables de Mr et de MrCi qui lui correspond.


5. Contrôler les règles propres à la région : teneur en nitrate de l'eau d'irrigation, tables de KeqN, outils labellisés admis, contenu du plan prévisionnel de fumure.


NB : Le COMIFER tient à jour la liste des outils de calcul labellisés. Ces outils intègrent les paramètres régionaux et dispensent de la lecture manuelle des tables.



VI. FERTILISATION AZOTÉE : DU CALCUL AU CHAMP


A. Fractionner et positionner les apports


La dose bilan est une quantité totale pour la période du bilan, que l'agriculteur répartit en plusieurs apports. Le positionnement dépend de la culture, du climat et du reliquat.


Pour un blé, si la dose totale est fiable, mieux vaut réduire les deux premiers apports, voire faire l'impasse sur celui du tallage quand le reliquat de sortie d'hiver est satisfaisant : le dernier apport contribue beaucoup aux protéines et au rendement. Des essais présentés à la journée technique COMIFER de 2024 donnent en moyenne 1,1 q/ha et 0,79% de protéines de plus avec trois apports d'ammonitrate qu'avec un ou deux apports d'urée soldés à épi 1 cm. Apporter trop d'azote trop tôt pénalise le rendement et les protéines, et retire la possibilité de réajuster avec un outil de pilotage : il faut au minimum garder l'apport qualité en réserve.


Précisions régionales :


  • Les règles de fractionnement relèvent des programmes d'actions régionaux.


  • Nouvelle-Aquitaine, céréales d'hiver (d'après la note de la FNAMS d'octobre 2025, à recouper avec l'arrêté en vigueur) : apport au tallage limité à 50 kg N efficace/ha, 2 apports obligatoires pour une dose comprise entre 110 et 160 kg N efficace, 3 apports au-delà.


  • Nouvelle-Aquitaine, maïs : premier apport limité à 50 kg N efficace/ha avant 4 feuilles, pour un semis avant le 1er mai.


  • Hauts-de-France : appliquer le programme d'actions régional en vigueur.



B. Forme d'engrais et volatilisation


La volatilisation dépend de la forme d'engrais, du sol et du climat. Le COMIFER cite à titre d'ordre de grandeur 15 % de l'azote sous forme urée et 8 % pour la solution azotée. Les ammonitrates présentent un risque plus faible, et les engrais nitriques ne sont pas concernés.


Pour limiter la volatilisation, voici quelques recommandations :


  • préférer la forme nitrique,


  • enfouir ou localiser l'engrais,


  • épandre juste avant une pluie (sauf si de fortes précipitations sont attendues),


  • éviter le vent et la chaleur.



La solution azotée et l'urée perdent plus d'azote par volatilisation que l'ammonitrate. Pour compenser ces pertes, une grille d'évaluation du risque, proposée par le COMIFER en 2013, permettait de majorer la dose de 0 à 15 % selon le sol, la pluie prévue, le vent et la température. Cette majoration n'est plus possible dans les Hauts-de-France : le référentiel de 2025 calcule la dose en supposant une efficacité maximale de l'engrais, sans tenir compte a priori de la volatilisation et il n'autorise plus de majorer les doses. La réponse passe désormais par les pratiques citées ci-dessus. La grille d'évaluation du risque sert alors à repérer les conditions d'apport les plus favorables, sans modifier la dose calculée.


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Grille d'évaluation du risque de perte de l'efficacité des apports minéraux azotés

Pour un engrais minéral azoté, évaluer le risque en tenant compte des conditions au moment de l'apport (climat, sol et plante). La grille de notation permet ensuite de qualifier le niveau de ce risque : plus le nombre de points est élevé, plus le risque est important.



C. Ajuster en végétation avec des outils de mesure


La dose bilan est une prévision. Dans la pratique, d'après les fiches-pratiques du blé sur le site fertilisation-edu.fr, la dose totale peut varier de 40 kg N/ha, en plus ou en moins, par rapport au calcul du bilan prévisionnel : il est donc important de pouvoir la réajuster en cours de culture. C'est tout l'intérêt du pilotage : pour le blé, celui du troisième ou du quatrième apport est nécessaire pour approcher la teneur en protéines souhaitée sans pénaliser le rendement.


Le COMIFER distingue deux grandes familles d'outils : les outils de calcul de la dose prévisionnelle, qu'il labellise, et les outils de pilotage en cours de culture (mesure de la biomasse, imagerie, mesure de la nutrition azotée), qui ajustent la dose finale. Certains outils calculent aussi les postes de minéralisation de façon dynamique, avec la météo de l'année.


Précisions régionales :


  • Chaque référentiel indique les outils admis.


  • Hauts-de-France : Azofert, Epiclès, Fertiweb, Geofolia, Mes Parcelles, Wiuz Fertil.


  • Autres régions : voir le référentiel de la région concernée.



D. Les règles à respecter en zone vulnérable


a. Un calcul pour chaque îlot cultural


Le plan prévisionnel de fumure regroupe, îlot par îlot, la culture, le type de sol, la date d'ouverture du bilan, l'objectif de production, le reliquat mesuré le cas échéant et les quantités d'azote à apporter. Certaines rubriques ne sont pas exigées pour un îlot qui reçoit moins de 50 kg N/ha.



b. Un cahier d'enregistrement des pratiques


Il consigne ce qui a été réalisé : apports, dates, rendement, gestion de l'interculture.



c. La spécificité des bilans inférieurs à 30 kg N/ha


Dans les Hauts-de-France, quand le bilan est calculé entre 0 et 30 kg N/ha, la dose prévisionnelle peut être de 30 kg N/ha. Quand il est négatif, aucun engrais n'est à apporter.



VII. FERTILISATION AZOTÉE : FIABILITÉ ET LIMITES DE LA MÉTHODE


A. Ce que le résultat ne dit pas


La dose bilan est une estimation, pas une mesure. Elle repose sur un objectif de rendement qui reste un "pari" sur le climat, sur des valeurs de référence moyennes pour Rf, Mh et Mr (c'est sur Mh que porte le débat évoqué en préambule), sur le reliquat mesuré ou estimé à une date donnée, et sur un traitement simplifié des pertes.

Le COMIFER précise que ces références doivent être validées par l'expérimentation et révisées régulièrement.

La dose calculée est un point de départ raisonné, qui se situe dans une plage dont la largeur dépend de la qualité des données saisies.


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Schéma de principe d'une courbe de réponse du rendement à la dose d'azote avec la plage d'incertitude de la dose calculée par le bilan

Le rendement augmente avec la dose jusqu'à un plateau. La dose bilan vise à se placer près du plateau, mais elle ne garantit pas de tomber exactement sur l'optimum.



B. Réduire l'erreur


Le tableau de sensibilité de la partie IV. C. montre que l'objectif de rendement et le reliquat pèsent le plus sur la dose. La priorité est donc de choisir l'objectif de rendement avec rigueur, de mesurer le reliquat sur la parcelle au plus près de l'ouverture du bilan et d'utiliser le besoin de la variété semée.


Trois pratiques complètent cette démarche : documenter l'origine de chaque valeur, utiliser la valeur A de l'année quand le référentiel s'appuie dessus et ajuster en végétation avec un outil de pilotage.



C. Relier la fertilité du sol et la dose d'engrais


Mh, Mr et MrCi sont des postes que l'agriculteur peut faire évoluer. Un sol qui reçoit régulièrement des apports organiques minéralise davantage :


a. Dans les Hauts-de-France, le facteur système (qui multiplie la minéralisation de référence de l'humus) passe de 0,8 à 1,2 selon la gestion des résidus de récolte et la fréquence des apports organiques, soit jusqu'à 50 % de minéralisation en plus.


b. En Nouvelle-Aquitaine, les tableaux de Mh intègrent directement la fréquence des apports organiques. Un couvert bien développé (3 T MS/ha ou plus) restitue de 5 à 30 kg N/ha à un maïs dont le bilan s'ouvre en avril, selon l'espèce et la date de destruction.


Ces gains se retrouvent dans le calcul : plus Mh et MrCi augmentent, plus la dose d'engrais calculée diminue. Réduire durablement les apports passe donc par la gestion de l'humus et des couverts.


Le bilan se contente pourtant de comptabiliser ces gains, il ne les produit pas. Pour Mh et MrCi, il utilise des valeurs de référence moyennes, fixées par type de sol et par pratique. Or deux parcelles qui reçoivent la même valeur dans les tableaux peuvent fournir des quantités d'azote très différentes : un sol bien structuré et biologiquement actif libère son azote plus régulièrement, au moment où la culture en a besoin, qu'un sol tassé ou peu actif. Le chiffre du bilan reste donc une estimation moyenne. L'atteindre réellement sur une parcelle dépend de la qualité du sol et des pratiques mises en place par l'exploitant.



VIII. CE QU'IL FAUT RETENIR DE L'ARTICLE


  • L'azote se raisonne comme un flux : le stock minéral du sol change chaque année avec le climat, le précédent, les couverts et les apports organiques.


  • La méthode du bilan du COMIFER équilibre les besoins de la culture (Pf et Rf) avec toutes les fournitures (Pi, Ri, Mh, Mhp, Mr, MrCi, Nirr, Xa) pour calculer la dose d'engrais minéral. Tous les postes se calculent à la même date.


  • Le cadre est national, les valeurs sont régionales : chaque région choisit son écriture (additive, avec CAU ou d'efficience) et ses tables de référence.


  • Les leviers les plus sensibles sont l'objectif de rendement et le reliquat. Mh, Mr, MrCi relient la dose à la fertilité du sol.



IX. FAQ

Qu'est-ce que la fertilisation azotée ?

C'est l'ensemble des apports d'azote, minéraux ou organiques, destinés à couvrir les besoins d'une culture. Sa dose se calcule en comparant ce besoin à ce que le sol et les résidus fournissent déjà. En zone vulnérable, ce calcul suit le référentiel régional.








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À bientôt !



Raphaël de TERREOM



Liens utiles :


COMIFER - Calcul de la fertilisation azotée, guide méthodologique pour l'établissement des prescriptions locales, cultures annuelles et prairies, édition 2013 - https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2015/03/BROCHURE_AZOTE_20130705web.pdf


PRÉFET DE LA RÉGION HAUTS-DE-FRANCE - Arrêté du 22 juillet 2025 relatif au référentiel régional de mise en œuvre de l'équilibre de la fertilisation azotée, avec annexes - https://draaf.hauts-de-france.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/2025-07-22_arrete_referentiel_ferti_azote_signe_prefet_avec_annexes.pdf


PRÉFET DE NOUVELLE-AQUITAINE - Arrêté du 29 juillet 2025 portant référentiel régional de mise en œuvre de l'équilibre de la fertilisation azotée, avec annexes - https://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/0_2025_07_29_prefna_ap_referentiel_fertilisation_azotee_publi_avec_annexes.pdf



GREN NOUVELLE-AQUITAINE - Annexe 2.1.b, céréales à paille, bilan avec CAU - https://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2_1_b_cap_bilan_cau_gren_na_vdef.pdf


DREAL NOUVELLE-AQUITAINE - Le référentiel régional NA de mise en œuvre de l'équilibre de la fertilisation azotée - https://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/le-referentiel-regional-na-de-mise-en-oeuvre-de-l-a15285.html


FNAMS - Note technique « Réglementation azote, 7e programme d'actions, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie » (octobre 2025) - https://fnams.fr/7e-programme-dactions-nitrates-nouvelle-aquitaine-occitanie/


ARVALIS - Fertilisation azotée : quels besoins prendre en compte pour le calcul de la dose - https://www.arvalis.fr/infos-techniques/fertilisation-azotee-quels-besoins-prendre-en-compte-pour-le-calcul-de-la-dose


MÉTHODE MERCI - Estimation de la restitution d'azote par les couverts - https://methode-merci.fr/


COMIFER - Liste des outils d'aide à la décision de fertilisation (2024) - https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/COMIFER_Liste-outils-OAD-Fertilisation_09-2024_MAJ-12-2024.pdf


COMIFER - Journée technique 2024, recommandations pour la gestion du fractionnement des apports - https://comifer.asso.fr/wp-content/uploads/2024/03/JT24-RESUME-ORAL-VERICEL-FRACTIONNEMENT-AZOTE-ACS.pdf


PERSPECTIVES AGRICOLES - Fertilisation azotée, les fondamentaux pour trouver le bon compromis - https://www.perspectives-agricoles.com/conduite-de-cultures/fertilisation-azotee-les-fondamentaux-pour-trouver-le-bon-compromis


FERTILISATION-EDU (UNIFA) - Cultures, fiches pratiques - https://fertilisation-edu.fr/14-cultures-fiches-pratiques.html?start=2










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